Resonances - Luis Naón

October 20, 2016

   
Time: 20:30
Location: Sala Accademica
Category: Acoustic and Live Electronics
Duration: 48’
Sound Direction: Pasquale Citera
   
Pierre Boulez Dialogue de l’ombre double • 20’00
  pour clarinet et electronique [1976]
Luis Naón Del fuego las resonancias • 6’00
  pour guitare [1992]
Luis Naón Senderos… que bifurcan • 11’20
  pour saxophone soprano et dispositif 5.1 [2003]
Pierre Boulez Douze notations • 10’00
  pour piano [1946]
   
clarinet Sauro Berti
guitar Arturo Tallini
sopran sax Enzo Filippetti
piano Arianna Granieri
live electronics Giuseppe Silvi

Program Notes

Dialogue de l’ombre double [1985] Dialogue de l’ombre double, dédiée à Luciano Berio et écrite pour son soixantième anniversaire en 1985, est créée le 28 octobre 1985 à Florence par Alain Damiens. L’œuvre est réalisée à l’Ircam avec Andrew Gerzso, assistant musical. Sur la suggestion de Pascal Gallois, Pierre Boulez la transcrit en 1995 pour basson, ce qu’il avait déjà fait auparavant pour Domaines, une autre de ses œuvres pour clarinette. Dans Dialogue, la musique reste la même, mais les différents registres des deux instruments nécessitent des transpositions. Dialogue de l’ombre double — vocable emprunté au Soulier de satin de Claudel — est une alternance de strophes et de transitions interprétées par le même instrumentiste. Les strophes sont jouées sur scène « en direct » ; les transitions ont été préalablement enregistrées et sont diffusées par haut-parleurs. À la présence réelle et localisée des uns, s’oppose la présence imaginaire et diffuse des autres. Les strophes sont chacune centrées sur une idée unique ; les transitions nous font passer insensiblement d’un motif à l’autre. L’opposition entre les parties de clarinette (interprète et bande) ne se fait pratiquement jamais par superposition des lignes créant une polyphonie à deux voies. Celle-ci est réduite à quelques tuilages de transition. L’opposition de l’instrument et de l’ombre double naît dans la succession de l’une par rapport à l’autre, n’utilisant comme terrain d’affrontement que la seule dimension horizontale qui est celle du texte, du discours, du « dialogue »… Damien Colas (extrait)

Del fuego las resonancias [1992] Del fuego las resonancias, est une œuvre composée à l’intention de Miguel Angel Girolet pour un concert donné à la Maison de Radio France dans le cadre du Festival International de Guitare. L’œuvre se compose de deux parties distinctes et liées uniquement par une sorte de flamme intérieur. Le matériaux de l’une et de l’autre sont diamétralment opposés, ainsi que les modes de jeu mis en œuvre. La première pièce est éminemment harmonique et quasi spectrale, elle explore des modes de résonance particulier et assez inhabituels de la l’instrument. Exigeant une dextérité et des extensions et reflexes peu habituelles c’est une pièce dont le flottement rythmique est au service d’un épanouissement de type vertical dans lequel s’enchevêtrent plusieurs lignes. La seconde est, par opposition, une pièce virtuose mais relativement commode. Entièrement basé sur l’energie d’un geste de dextérité bien connu des guitaristes et jouant sur le timbre proche des trois cordes en nylon. Toute la flamme qui dans la première pièce émane de l’enchaînement des lignes en accords est ici transférée à la sphère des évenements rythmiques et le combat entre bourdonnes et nylon.

Senderos… que bifurcan [2003] L’écriture de cette pièce, inscrite dans le cycle Urbana (25 oeuvres pour diverses formations qui ont pour commun dénominateur l’espace urbain et sonore sous des aspects différents) suit un chemin multiforme conformément à l’idée d’un temps relatif, ou un temps parallèle présent dans l’œuvre presque homonyme de Jorge Luis Borges : El jardin de senderos que se bifurcan. L’œuvre est conçue à partir de l’idée d’un « aleph temporel » - une concentration de la totalité sur un point particulier ou sur une œuvre précise – Cette idée est à la fois un écho de la fiction littéraire et la transcende, musicalement, pour établir un contrepoint qui révèle des facettes multiples: L’œuvre se divise, en effet en cinq parties (d’une durée avoisinant les deux minutes) qui comportent chacune à sa manière ces coexistences de mondes parfois voisins, parfois très éloignés. Des voix se font entendre ailleurs que sur scène, outre le saxophone (des véritables contrepoints sont confiées aux saxophones soprano, alto, baryton et au Tubax préenregistrés), des pianos réels ou imaginaires vont résonner ouvrant ainsi l’espace d’écoute à « tout les possibles ». Â partir du jeu virtuose de l’instrumentiste s’établit une multiplicité de « Senderos… » pour les auditeurs. Ceux-ci seront les véritables protagonistes du parcours, oscillant, instant par instant, entre l’écoute active et la distance contemplative.

Douze notations [1946] Longtemps restée à l’état de « fond de tiroir », retirée du catalogue, la partition des Douze Notations pour piano fut tirée de l’oubli pour servir de matière à une adaptation pour grand orchestre (dont seules les quatre premières ont été présentées depuis leur création en 1980). Sous sa forme originale, pour piano, elle se présente comme un cycle de variations sans thème, mieux : dont le thème se réduirait à la structure des intervalles consécutifs d’une série dodécaphonique. Le titre invite à se figurer une musique écrite, ou plus précisément notée autant pour l’œil que pour l’oreille : chacune des douze pièces compte douze mesures, présentant divers aspects d’une même série de douze sons. Celle-ci est traitée en permutation circulaire (première pièce commençant par la note initiale, deuxième pièce commençant par la deuxième note pour reporter la première après la douzième…) : de sorte que, au moyen d’une figure rythmique appropriée, chaque intervalle initial va contribuer à caractériser les premières mesures de chaque Notation. Robert Piencikowski, avec l’accord de l’Associazione musicale Umberto Micheli.(extraits)